Quels moyens pour accompagner les femmes victimes de violences ?

Article de Madame Josèphe MERCIER, Présidente de l’Association SOLIDARITE FEMMES BASSIN

 

J’ai entendu ce samedi matin 23 août sur France Inter  Ernestine Ronai, la coordinatrice nationale pour la lutte contre les violences conjugales de la mission interministérielle pour la protection des femmes. Étant moi-même présidente d’une jeune association qui dans le Bassin d’Arcachon accueille et accompagne des femmes victimes de violences conjugales, j’ai évidemment été intéressée par l’annonce de l’extension du téléphone grand danger. Ce dispositif, étendu à tous les départements, doit permettre aux femmes en très grand danger et harcelées par leur partenaire ou ex-partenaire de prévenir la police si le danger devient imminent, afin que celle-ci intervienne dans les plus brefs délais pour empêcher une agression, voire un meurtre.

 

Que de chemin parcouru pour la cause des femmes victimes de violences conjugales depuis le 1er août 2003, qui vit en plein cœur de l’été le décès de Marie Trintignant. En 2007, alors que j’étais présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes, le téléphone national d’écoute pour les violences conjugales que la FNSF avait créé 15 ans auparavant, devenait « le 3919 ». En juillet 2010, était votée la loi relative aux violences faites spécifiquement aux femmes. Et ce ne sont que deux exemples parmi d’autres de ce qui a jalonné en France la lutte contre les violences faites aux femmes, en particulier au sein du couple, ces 10 dernières années.

 

Le dispositif téléphone grand danger est un signe supplémentaire de la reconnaissance par les pouvoirs publics de la gravité de ce problème de société et je m’en réjouis. Mais alors, comment comprendre que si peu de moyens soient donnés à ces actrices de premier plan que sont les associations spécialisées dans l’accompagnement des femmes victimes. S’il est vrai que la lutte contre ces violences intolérables doit être l’affaire de tous, et en particulier de tous les acteurs sociaux et politiques qui y sont confrontés, il ne faut pas oublier les fonctions de première ligne de ces associations de terrain.

 

Solidarité Femmes Bassin, créée il y a moins de deux ans, en novembre 2012, a déjà été saisie de plus de soixante situations de femmes en détresse. A toute heure, tous les jours de l’année, les bénévoles formées à cet accompagnement spécifique ont vocation à répondre à une femme victime ainsi qu’à des voisins témoins, à la gendarmerie, aux élus, … en fait à toute personne ayant connaissance d’une situation de maltraitance.

 

Cet été, l’accueil téléphonique de Solidarité Femmes Bassin n’a pas connu d’interruption. Pourtant, samedi matin cette annonce a été pour moi le signe de la fin de la trêve estivale. Bientôt nos présences aux forums des associations de Lanton et d’Andernos, nous donnerons l’occasion de sensibiliser et d’informer le public sur le chemin parcouru mais également sur tout ce qu’il reste à faire.